C’est en brandissant la menace d’une perturbation effective de l’année judiciaire que la Synamag avait marqué son mécontentement quant à l’éventualité d’une nomination de René Aboghe Ella au poste de premier Président du Conseil d’Etat (PPCE). Visiblement, cette menace n’a pas eu les effets escomptés, la nomination de l’ancien homme fort de la Cenap a été entérinée par le Conseil supérieur de la magistrature dont la présidence est assurée par le Chef de l’Etat Ali Bongo. Le Synamag qui brandissait la menace de perturber l’année judiciaire si la nomination de René Aboghe Ella était effective n’a fait que constater l’installation de ce dernier au poste de premier président du conseil d’Etat (PPCE) par le président de la République à l’occasion de la rentrée judiciaire le 1er octobre dernier.

Le Synamag fondait sa contestation sur la loi organique n°05/2002 du 27 novembre 2002 qui fixe organisation compétence et fonctionnement du Conseil d’Etat en sont article 30 qui dispose que « le premier président du conseil et le commissaire général à la loi sont choisis parmi les magistrats de l’ordre administratif du grade hors hiérarchie, exerçant ou ayant exercé effectivement les fonctions de président de chambre, de commissaire général adjoint de secrétaire général au conseil d’Etat de secrétaire général de la chancellerie ou d’inspecteur général des services judiciaires ». En outrepassant cette disposition légale, le promu par le CSM a donc pris ses fonctions au mépris de la loi et des observations faites par le synamag.

Cette nomination qui hisse René Aboghe Ella magistrat de l’ordre financier, à la plus haute juridiction en matière administrative illustre combien de fois au Gabon, les décisions qui comptent sont celles prises par l’exécutif. Un tel affront occasionnera sans doute une réaction du synamag qui pourrait mettre sa menace à exécution et entraîner par ricochet, une paralysie au sein de l’administration judiciaire de notre pays.

En espérant un que les choses ne se détériorent pas du côté du corps judiciaire national nous attendons donc la réaction effective du synamag en réponse à cette nomination prise au mépris des textes et des considérations du syndicat des magistrats.