La protection de faune et la flore au Gabon est une nécessité, malgré les différents taux d’accroissement des trafiquants enregistrés ces dernières années certaines organisations luttent toujours contre ces pratiques.

une vue de la forêt gabonaise.

Lancé en 2010, au Gabon par l’Organisation Non Gouvernementale « Conservation Justice » le projet d’Appui à la loi sur la Faune (AALF) fait partie du réseau Eco-activistes pour la Gouvernance et l’Application de la Loi (EAGLE). Ce réseau dont Conservation Justice est co-fondateur, est pour l’heure en activité dans dix pays africains : Bénin (AALF-B), Cameroun (LAGA), Congo (PALF), Côte d’Ivoire (EAGLE-Côte d’Ivoire), Guinée Conakry (GALF), Sénégal (SALF), Togo (EAGLE-Togo), et tout récemment au Burkina-Faso. Les projets membres du réseau EAGLE repose sur la collaboration entre les ONG et les ministères en charge de la faune des pays où les projets sont exécutés. Des condamnations mais des sanctions encore faibles.

espèce protégée.

Les informations fournies par le projet AALF ont permis de réaliser 32 opérations en 2018. Celles-ci ont conduit à la mise aux arrêts de 67 personnes impliquées dans le trafic de faune. Les forces de l’ordre ont également procédé à 11 autres arrestations pour lesquelles AALF a renforcé le suivi juridique, sans pour autant avoir participé à ces arrestations. Ensemble, il s’agit donc de 78 cas suivis par le projet. En 2018, la province de l’Ogooué-Ivindo est apparue comme la plus captivante pour les trafiquants. Cette région a eu le plus grand nombre d’arrestations, soit 16 au total. Suivent, respectivement, les provinces de l’Estuaire (13 arrestations) et de la Nyanga (13 arrestations), du Woleu-Ntem (9 arrestations), Haut-Ogooué (9 arrestations), Moyen-Ogooué (8 arrestations), Ngounié (7 arrestations), Ogooué-Lolo (3 arrestations). L’ensemble des cas jugés a résulté en 56 condamnations dont 53 à de l’emprisonnement ferme. En moyenne, les juridictions infligent 4 mois et 20 jours d’emprisonnement.

espèce protégée, tuée par un braconnier.

 La province de l’Ogooué-Lolo est celle qui a appliqué les peines les plus dissuasives, avec une moyenne de 8 mois d’emprisonnement ferme. Cela est consécutif au fait qu’un des trafiquants arrêtés a écopé d’une peine d’emprisonnement d’un an, du fait de la récidive. Vient ensuite la province du Haut-Ogooué (moyenne de 6 mois), suivie de celles du Moyen-Ogooué et de la Nyanga (moyenne de 5 mois). Les autres juridictions ont appliqué des sanctions en dessous de la moyenne nationale. Les peines de prison paraissent particulièrement faibles dans les provinces de la Ngounié et du Woleu-Ntem. Pour la troisième année consécutive, la province de la Ngounié est la province dans laquelle les peines les moins fortes ont été infligées, avec une moyenne de 2 mois d’emprisonnement seulement. Cela se révèle très peu dissuasif vis-à-vis des trafiquants déterminés, en considérant que la peine maximale est déjà faible. Les trafiquants arrêtés sont de diverses nationalités. On compte 51 Gabonais, 4 Burkinabés, 5 Camerounais, 1 Chinois, 3 Ivoiriens, 7 Maliens, 3 Nigérians, 1 Nigérien et 3 Sénégalais. Parmi les personnes arrêtées, 66 cas sont mêlés au trafic d’ivoire, 11 sont mêlés aux peaux de panthère. Trois autres sont mêlés à des produits variés (écailles de pangolin, viande de brousse). Les saisies effectuées à l’occasion de ces opérations se résument comme suit :  126 pointes d’ivoire au moins ainsi que des centaines de morceaux, pour 429,44 kg au total  8 peaux, des dents et des poils de panthère  3 armes de chasse (2 calibres 12 et une carabine 375) et 10 munitions.

 Former pour mieux lutter Conservation Justice a également contribué au renforcement des capacités et organisé des formations durant l’année 2018. Le projet AALF a organisé 3 formations à l’endroit des magistrats et forces de l’ordre gabonais. Un total de 345 OPJ et magistrats, ainsi que des opérateurs économiques, en ont bénéficié. Un bilan louable pour le bien de notre faune.