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Cet article a pour vocation d’évaluer la situation politique du Gabon, en envisageant les possibles erreurs, échecs accumulés, contentieux, pour tenter d’apporter des éléments de solutions à l’action politique en général faisant des propositions, des projections, des prédictions, à travers la construction des situations et des scénarios permettant de rendre plus lisible, plus rationnelle, plus intelligible et plus pacifique la chose politique dans le pays.

En cela, nous n’avons pas vocation à juger, à prendre des positions subjectives, mais à décrire, à mesurer en vue décrisper l’espace public, de rendre passionnante et agréable la chose politique, la dédramatiser, en faire un jeu rationnel, avec des inventions, des normes, des schémas, des scénarios.

L’avenir du PDG entre désaccords et tensions tacites et prédiction

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Le Groupe Héritage et Modernité (H&M) et d’autres Fronts puissants se tenant encore dans la réserve, tapis dans l’ombre pour quelques jours ou semaines avant le 12 mars- sont réservés face à la manière dont s’est faite la déclaration de la candidature du président sortant et pour les difficultés multiples que sa candidature présente aujourd’hui, qui feront une sortie très prochainement pour donner leur position sur cela que l’on désigne d’ores et déjà au sein du parti sous le nom de « coup de force de ya Ali », du moins chez les réformateurs qui disent s’en désolidariser et se singulariser par leur attachement aux normes de l’Etat de Droit et de la Bonne Gouvernance, tant mise à mal dans le Bilan du « camarade sortant ». Pour défendre cette position, « a maxima », ils opteront pour la nécessité imprescriptible d’une seconde candidature, laquelle serait plus conforme aux textes, plus apte à surmonter les contours du moment pour le PDG, et les défis économiques compliqués , et surtout plus porteuse d’une espérance au peuple gabonais en matière d’expertise économique et de Droit.

On peut faire des prédictions politiques suivantes : un tel scénario sera difficile voire irrecevable pour les uns, du fait des statuts du PDG retouchés, qui tiennent que le Président du Parti est candidat unique à la présidentielle ( Art. 29). Ce à quoi on peut ajouter les velléités de survivance des réflexes patrimoniaux qui ne distinguent jamais la conception juridique et statutaire du parti comme personne morale, de sa conception biopolitique et génétique, en le confinant au Parti du « Père » et le parti requis de fait à l’appartenance tacite génétique et provincial… On entrevoit immédiatement les objections des réformateurs : D’une part, les choses ne se sont pas déroulées conformément aux statuts du Parti, qui disposent dans l’Art 30 que la déclaration de candidature ne se fait qu’à la faveur et au sein d’un Congrès. Or, le président sortant a pris des libertés inconvenantes avec les statuts et avec les « camarades »…. en déclarant sa candidature hors congrès et « ex cathedra ».

L’autre objection serait que l’histoire de la contestation de la filiation plombe et compromet radicalement les chances objectives que le parti puisse jamais l’emporter dans ces conditions, et que, la priorité soit accordé aux intérêts du parti et non à celui individuel ou patrimonial… L’importance de cette situation au PDG consiste dans la modification de fond en comble des textes taillés à la mesure du « camarade président », pour les dépoussiérer et les démocratiser. Car, ils sont restés confinés, en dépit de 1990, à l’Esprit de L’Etat-parti, l’Etat Léviathan du PDG d’avant 1990.

Or, lira-t-on les choses comme les politologues, dans les termes d’une chance pour la mutation interne des textes et de leurs usages ? Rien n’est moins certain. En revanche, l’on peut s’assurer qu’une levée de bouclier pour ne pas en dire plus ici, actée par des conservateurs réfractaires à la modernité des institutions va résister à cette mutation et mater « ad litteram » cette réforme en voie/cours autant que ceux qui en portent les idées, par une chasse de sorciers évidente, promis au cachot des libertés… La prédiction politique est alors celle de l’inéluctable scission du PDG, avec une aille patrimoniale, et une autre aile réformiste qui pourrait se désolidariser de la première au point de se présenter en ratifiant large, avec un candidat indépendant ‘Yobééé !’… Il sera impossible d’échapper à ce scénario. Scénario pour scénario, on aurait donc une aile PDG conservatrice grandement affaiblie et taxée d’antidémocratisme, et un courant politique réformateur, acquis aux mutations internes du parti, et ovationné par le peuple en son extensionalité pour sa bravoure et son aspiration à l’ouverture démocratique, sa tolérance.

L’opposition: présage sur les tensions internes

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L’opposition au Gabon se présente sous une apparence d’univocité, laquelle ne présume ni ses tensions internes, ni des désaccords, voire les scissions qui se profilent en son sein. Il s’agit d’un ensemble de partis politiques ayant en partage de combattre les idées et les institutions supposées dogmatiques, autoritaires du PDG, et l’idée d’une alternance politique pour mettre en place les conditions de transparence et de performance dans l’exercice du pouvoir tous azimuts. Outre ces principales formations sur lesquelles je ne reviens pas ici, je voudrais me fixer d’avantage sur sa cartographie électorale, les grandes figures qu’elle voit émerger en vue de la candidature aux élections de 2016.

Ping le challengeur Yobéééé !

On aurait d’abord le candidat Ping et son consortium de soutiens et sa promesse d’Un Gabon à la Hauteur de ses atouts économiques, celui non encore désigné du Front, et les candidats singulatifs déjà déclarés (Manganga Moussavou…

Le fait est prévisible d’un affrontement nécessairement heurté au cours des primaires entre le Magistrat et président de l’Aile réformiste de l’UPG, Jean de Dieu IWANGOU et le candidat que le Congrès de l’UN va désigner le 30 mars prochain. Sans compter que les choses seront à la fois intéressantes à observer entre l’ancien premier Ministre Casimir OYE MBA qui capitalise l’expertise du dedans et le prédicateur et Eveque Mike JOCTANE, ancien Directeur de Cabinet Adjoint du Chef de l’Etat OBO, et qui entend redéployer de la vitalité, du courage et de la responsabilité à sa candidature.

La guerre des titans …

Le Gabon pourrait assister aux moments les plus palpitants, voire les plus riches de son histoire politique et de son apprentissage démocratique, si du moins il consentait à passer cette épreuve sans trop de ruptures internes, ce qui marquerait nécessairement un tournant…

Mais là aussi, nous entrevoyons, deux scénarios. Ou l’esprit de tolérance prime, et le Gabon organisera ses premières élections démocratiques depuis 1968…Ou l’intolérance l’emporte, et le pays plongera dans sa Nuit la plus obscure…

Notre travail, est de projeter des cartographies politiques, des schémas et des scénarios, pour introduire la lisibilité, l’aspect hédoniste de la démocratie comme jeu de combinaisons, intelligence des conjonctures, comme ouverture démocratique, lecture et évaluation de la fiabilité et de la performance des programmes économiques, afin d’accompagner les politiques dans la consolidation de leurs projections…

Il peut aussi arriver que l’on ne nous écoute pas, dans ce cas d’hypothèse, l’Histoire n’en retiendra pas moins que ce ne sera pas de notre faute, car, comme un Astre, nous avons pour vocation d’évaluer, le pouls, et d’indiquer les scénarios et les éventualités des issues, des résultats ou des impasses.

LE DERNIER SCENARIO : L’ASYMETRIE DES RASSEMBLEMENTS POLITIQUES

La lecture de la chose politique au Gabon, peut nous proposer un tout autre scénario, plus subtil, plus complexe, mais parfaitement envisageable, et qui, en toute prédictibilité, sera le schéma final de cette élection. Il est prévisible de voir l’aile PDG réformiste ouverte à l’extensionalité de son électorat A1, coaliser avec la société civile, ou des partis issus de l’opposition, qui pourrait constituer un autre Gand rassemblement. Et déterminer une charte pour la victoire du Droit, des Normes…

C’est que les opposés ici s’attireront pour peser plus lourdement sur la scène électorale. Tous les opposés s’attireront : PDG réformiste, Opposition, Société Civile…Pour enfanter l’Etat de Droit et la société de la Bonne Gouvernance. Dans un espace démocratique, ce scénario est inexorablement efficace et porte fatalement à la victoire présidentielle.

Or, il y deux données majeures pour cette élection présidentielle de 2016 : Il y a d’abord le choix d’aller après coup à une Concertation inclusive pacifique et démocratique, qui aurait l’avantage de décrisper l’atmosphère politique si faite de tensions et de contentieux irrésolus, et de mettre un canevas démocratique formel pour préparer la seconde République du Gabon, et enfin, de procéder à un aggiornamento, de déconsceptualiser les attributions régaliennes en matière électorale des trois instances de la CENAP, du Ministère de l’Intérieur, et de la Cour Constitutionnelle, en misant sur deux autres instances qui assureront la poursuite des choses : La Commission Nationale de la Transition, laquelle aura en charge de dresser la Nouvelle instance élargie et renforcée en droit, d’organiser, d’arbitrer et de publier les résultats des élections.

Ensuite, en cas de désaccords restreints ou généralisés, la démocratie qui est à la portée du pays, après l’avoir ratée en 1990, pourrait se voir dévoyer encore une fois, en faisant place au chaos. Au désordre. A des violences. Cette hypothèse programmatique doit constituer, pour tous les états-majors de la politique gabonaise, une préoccupation de déprogrammation. A déprogrammer. Car, la prédictibilité politique nous permet de penser qu’un tel scénario sera défavorable à court ou à long terme à celui ou à ceux qui auraient à l’esprit d’en user.

Axelle MGB