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Plus de 60% des Gabonais estiment que le pays va mal, de même que cette précarité galopante ne devrait pas s’améliorer dans les 12 mois à venir.

C’est ce qui ressort de la récente enquête organisée par Afrobaromêtre, un réseau des chercheurs panafricains libres en partenariat avec le Centre de Recherche en Géosciences Politiques et Perspectives (CERGEP) de l’Université Omar Bongo, sur le Gabon. Et dont la présentation des résultats a fait office d’un communiqué de presse dans une salle de l’hôtel HIBISCUS situé à Louis ce mercredi 30 mars 2016, devant les représentants du ministère de l’économie, de BGFI, de l’ONE, des universitaires, de la presse et bien d’autres invités.

Ces résultats, dotés de l’objectivité et de l’approbation scientifique internationale, permettent d’appréhender l’appréciation des Gabonais sur l’orientation économique et la performance du gouvernement.

Ainsi, il ressort que les Gabonais estiment majoritairement que leur condition de vie est demeurée identique ou s’est empirée comparativement aux 12 derniers mois. De même, ils jugent insuffisant la performance du gouvernement dans la gestion de l’économie et la stabilité des prix.

Selon Christian Wali Wali, Investigateur National de Afrobaromètre au CERGEP, il est à noter que « les Gabonais jugent la performance du gouvernement sur le choix économique à partir de leurs propos conditions de vie » et que « plus les gens estiment que leurs conditions de vie sont mauvaises et bien plus, ils pensent que l’orientation économique, la gestion des prix au Gabon est mauvaise ». Mais, également, « ils sont moins nombreux ce qui pensent que leurs conditions de vie sont meilleures, donc que la situation est bonne » a-t-il conclu.

On ne ment pas à l’œil qui voit

Il serait donc incongru de toujours vouloir tout justifier par la crise du pétrole au Gabon. Parce que bien avant cette crise le pessimisme des Gabonais à toujours prévalu sur l’orientation économique, la stabilité des prix dans le pays.

En effet, plus de 70% des Gabonais ont toujours été locataires à Libreville et cela malgré les choix des politiques sur l’habitat. A Libreville également, certaines populations utilisent toujours l’eau des puits en dépit des centaines de millions de fcfa investis dans les travaux d’adduction d’eau. Sans compter les sempiternelles coupures d’électricité dans la capitale gabonaise…

Cette étude objective a révélé, d’une manière ou d’une autre, l’autopsie d’un pays malade et dont l’éradication définitive ne saurait intervenir avant 12 mois et voir plus.

L’optimisme est-il toujours possible ?

Oui, il est important d’avoir confiance à l’avenir. Comme l’indique TIWINOT Francis Thierry, DG de la Statistique, il est certes que, par rapport aux résultats de l’enquête, le pessimisme des Gabonais est une évidence, mais « je crois que ça devrait aider les autorités d’améliorer…, de travailler un peu plus pour obtenir les résultats plus probants ». Tout en saluant l’initiative des chercheurs Gabonais qui peuvent compter sur le soutien de la direction générale de la statistique.

Axelle MGB

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