Loin du triomphalisme du Parti démocratique Gabonais (PDG) qui risque inexorablement d’obtenir la majorité à l’Assemblée nationale et au sein des conseils départementaux et municipaux en attendant la confirmation du Centre Gabonais des élections (CGE), les élections législatives et locales ont une fois de plus été entachées de fraudes. C’est le cas dans le 1er arrondissement de Libreville, où des manœuvres auraient été orchestrées par les responsables de l’organe en charge de l’organisation des élections pour empêcher la présence, dans les bureaux de vote et autres salles de dépouillement, des représentants de l’opposition.

Malgré les dénonciations faites depuis des décennies pour tenter d’enrayer les pratiques de fraude lors des élections, le phénomène semble loin d’être jugulé. Comme à l’accoutumée, les scrutins du 6 octobre ont encore été l’occasion pour certains responsables de s’opposer au principe démocratique. A la Mairie du premier arrondissement de Libreville, c’est la présidente de la commission électorale qui s’est littéralement octroyé le titre de juge et parti en empêchant délibérément l’accès à la salle de dépouillage aux rapporteurs de l’opposition.

En effet, selon les explications de ce dernier, la première entrave se serait produite lors de la consolidation des listes des différents représentants l’opposition et la majorité. Sauf qu’au moment de la centralisation des données, la présidente de la commission aurait décidé de ne pas tenir compte du travail des représentants de l’opposition « sous prétexte que lorsqu’elle a animé le séminaire,  ils n’étaient pas en nombre suffisant».

Une attitude qui serait contraire aux textes en vigueur et qui démontre clairement la volonté de ce responsable de saboter les opérations de vote en faveur des candidats de la majorité. Pis, le jour du scrutin « lorsque les partis politiques de l’opposition sont venus ils ne se sont pas retrouvés dans les noms qui figuraient affectés. A partir de ce moment je dresse un rapport pour faire constater que le travail que nous avons fait, celui de consolider et affecter n’a pas été pris en compte », confie le rapporteur de l’opposition.

Autre fait majeur dénoncé par l’opposition, c’est le choix unilatéral fait par la présidente de la commission électorale. Cette dernière aurait remplacé les représentants de l’opposition par des personnes choisie par ses soins et cela sur une trentaine de bureaux de vote. Dans la même foulée, elle interdira également l’accès des scrutateurs de l’opposition au lieu dépouillement et de la centralisation des résultats. « Alors les urnes sont entrées dans une salle et en tant que rapporteur de l’opposition qui plus est signataire du procès verbal qui va au CGE, il m’a été impossible de signer puisque je n’ai pas observé, constaté, ni travaillé j’étais à l’extérieur », a révélé le membre de l’opposition.

Pour un meilleur équilibre de l’information la rédaction de Gabon Media Time a joint au téléphone la responsable de la commission électorale qui n’a pas souhaité faire de commentaire sur ces accusations. « Vous pouvez vous rapprocher du Centre Gabonais des élections, je n’ai rien à dire à ce sujet », a-t-elle répondu sèchement.